|
Comme nous venons de
le voir, le travail du bois remonte à l'aube de l'humanité. Des outils, des armes, des
peignes, des cuillers, des structures (abris) et de nombreux autres objets retrouvés par
les archéologues tendent à nous montrer que, très tôt, l'homme trouva les techniques
les plus performantes pour le travail du bois. Les traces les plus anciennes d'assemblages
remontent au Néolithique : les ligatures furent parmi les premières solutions utilisées
pour solidariser deux éléments. Le principe de collage fut aussi découvert très tôt,
sans doute à la fin du Paléolithique, et utilisé pour maintenir solidaires des pièces
de bois et d'autres matériaux (pour former un racloir à partir d'une pierre taillée et
d'un support par exemple).

Exemple dassemblage : Liaison entre deux
pièces de structure
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)
|
|
La
hache, utilisée pour fendre et couper le bois fit son apparition au
Mésolithique, environ 7500 ans avant notre ère. Le débitage, opération qui
consiste à transformer la grume en planches, semble s'être répandu au Néolithique dans
certaines régions d'Europe (Allemagne), environ 3000 avant J.C.. Le mobilier antique des
premières dynasties d'Egypte (environ 2500 av. J.C.) retrouvés par les archéologues
nous prouve que les techniques de réalisation étaient déjà, en ces périodes, très
évoluées malgré le caractère rudimentaire de l'outillage: assemblages à tenons et
mortaises, à "tourillons", ou à "queue d'hironde" se retrouvent dans
des ouvrages tels que les sarcophages. |
Les instruments de
musique témoignent aussi d'un passé très lointain, telles les harpes cintrées
égyptiennes (troisième millénaire avant notre ère) réalisées dans un tronc taillé.
Cependant,
même si nombre de
techniques furent très tôt mises en oeuvre, l'artisan du bois n'eut de cesse, au fil des
millénaires, de perfectionner ses techniques et ses outils. En Occident, comme le
précisent Michel Noël et Aimé Bocquet ("Les hommes et le bois"), "les moines furent les grands conservateurs des techniques: les
cisterciens ont été forgerons, tailleurs de pierre et charpentiers; les chartreux ont
perfectionné la forge et le tour à bois; les minimes ont largement contribué à
l'évolution de l'ouillage à bois".
La
spécialisation
des métiers est difficile à dater. En effet, les premières corporations, dont certaines
sont précisées dans les écrits qui nous sont parvenus, sont les seuls indices qui nous
permettent de parler véritablement de "professions". Or ces traces, comme nous
le verrons par la suite, remontent le plus souvent au début de notre ère. Toutefois, il
semble, selon certains auteurs (M. Noël et A. Bocquet notamment), que
"la spécialisation découle directement des innovations techniques". Ce serait
donc vers le VIIème millénaire avant notre ère que cette naissance aurait eu
lieu - l'artisan "spécialiste" s'intégrant dans un environnement
économique -
c'est à dire avec la naissance des premiers villages, à l'origine de nos civilisations.
En
France, le terme
de charpentier (du latin carpentarius - "charron") qualifia, jusqu'au
XIIIème siècle, les ouvriers spécialistes du bois. Les charpentiers
de la grande cognée produisaient les pièces de charpente, les constructions
à pans de bois et les planchers tandis que les charpentiers de
la petite cognée exécutaient des ensembles plus petits tels que les coffres,
les bancs.
Jusqu'en 1300, tous
les ouvriers demeuraient sous les ordres du Charpentier du Roi. Groupés en corporation,
une stricte hiérarchie régissait ce groupe. Seul un nombre limité d'apprentis
parvenait à accéder au titre de compagnon. De plus, L'accès au statut de maître
passait par la réalisation d'un chef-d'oeuvre, présenté devant une jurande
(commission).
Vers
1314, une séparation amène les artisans du bois à l'autonomie. Parmi les
principaux, nous pouvons citer :
¤
le
huchier et le coffretier exécutent les pièces de mobilier (coffres,
bancs,...);
¤ le charron fabrique
les éléments des chariots et charrettes;
¤ le charpentier confectionne les pièces de charpente et les structures des édifices à pans de bois.
A ces principales
corporations, il convient d'ajouter les luthiers, les
sculpteurs, les tourneurs sur bois et
autres artisans du bois (cf. "Petit lexique des
métiers du bois")

Chantier de charpentiers au XVIII°s
|