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La
Commission européenne et la Commission économique pour l'Europe des
Nations Unies (NU/CEE) ont publié leur rapport annuel sur l'état des forêts
en Europe avec les résultats de l'évaluation concernant l'état des
couronnes et du programme de surveillance intensive des forêts européennes.
Ce rapport fournit des informations importantes pour les décideurs
politiques et le public sur la situation des forêts européennes. Il en
ressort qu'il n'y a aucune amélioration générale de la vitalité des
forêts et qu'il existe d'importantes différences de développement de la
situation selon les régions. Il importe de réduire encore le niveau d'émissions,
afin de sauvegarder les multiples fonctions des forêts européennes et
assurer à ces dernières une gestion écologiquement viable.
1. RÉSULTATS
DE L'ÉVALUATION CONCERNANT L'ÉTAT DES COURONNES
Si
l'on considère l'ensemble de l'Europe, 36,3 % des arbres évalués sont
classés comme «sains» (pas de défoliation), 41 % environ sont au «stade
d'avertissement» et 20 % de l'ensemble des arbres sont classés comme «endommagés»,
le taux de défoliation étant supérieur à 25 %. Le degré de dommages
(ensemble des arbres dont le taux de défoliation est supérieur à 25%)
est resté inchangé pour les conifères et les feuillus.
Le
tableau ci-après présente la répartition
(en %) selon le taux de défoliation des conifères, feuillus et autres
essences en 1999.
Ces
résultats confirment la tendance générale à une détérioration de l'état
des couronnes en ce qui concerne les principales essences au cours des
dernières années. Il convient de considérer cette évolution à long
terme en fonction des essences et des régions. On relève une amélioration
sensible dans les régions de l'ouest et du centre de l'Europe, mais une détérioration
dans les régions méditerranéennes.
Dans
ces dernières en effet, le taux moyen de défoliation de presque toutes
les essences a considérablement augmenté au cours des cinq dernières
années. Aucune tendance précise ne se dessine en revanche en ce qui
concerne les régions du centre et du nord de l'Europe.
L'état
des couronnes (défoliation) en Europe de 1992 à 1999 s'est détérioré
en moyenne sur quelque 30 % des placettes d'observation et amélioré sur
seulement 15 % d'entre elles.
2. PROGRAMME
DE SURVEILLANCE INTENSIVE
Actuellement, le réseau de
surveillance intensive - constitué de 864 placettes réparties sur 30
pays - fonctionne selon des méthodes harmonisées. Sur ces placettes, des
critères tels que la vitalité et l'état nutritionnel des arbres, ainsi
que la végétation au sol, sont contrôlés et des données relatives à
la pollution atmosphérique (azote, ozone, soufre) et le climat y sont
recueillies.
Certaines conclusions essentielles
du récent rapport technique 2000 «Surveillance intensive des écosystèmes
forestiers en Europe» peuvent être résumées comme suit :
-
Selon les premiers résultats,
les dépôts atmosphériques d'azote et de soufre affectent bien l'état
nutritionnel et, dans une moindre mesure, la vitalité des arbres. Sur
30 % des placettes, l'état nutritionnel est insuffisant ou déséquilibré.
-
À l'instar des réductions d'émissions,
les dépôts de soufre ont beaucoup plus diminué, durant la dernière
décennie sur la plupart des placettes des forêts européennes, que
les dépôts d'azote. Sur environ 50 % d'entre elles, les dépôts
d'azote sont supérieurs à 14 kg d'azote par ha/an. Au-dessus de ce
taux, des effets négatifs, notamment sur la végétation au sol,
peuvent apparaître.
3.
HISTORIQUE
En
1985, le Programme international concerté sur l'évaluation et la
surveillance des effets de la pollution atmosphérique sur les forêts
(PIC Forêts) de la NU/CEE a été créé dans le cadre de la Convention
sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance de la
Commission économique pour l'Europe des Nations unies (NU/CEE). En 1986,
les Etats membres ont adopté le programme communautaire relatif à la
protection des forêts contre la pollution atmosphérique (règlement
(CEE) n° 3528/86) et contribué à la mise en oeuvre de politiques de
lutte contre la pollution atmosphérique - air propre - au niveau européen.
Les pays participants ont décidé de recueillir des informations sur l'état
des forêts au moyen d'un système de surveillance commun à deux niveaux
d'intensité:
-
La
surveillance extensive d'un réseau d'échantillonnage systématique comprend
notamment une vaste évaluation annuelle de l'état des couronnes, de
l'état nutritionnel des arbres et de l'état du sol forestier. Ce
stade d'intensité de la surveillance, désigné sous le nom de «niveau
I», a été créé en 1986 dans le cadre de l'évaluation de l'état
des couronnes. Au niveau I, il s'agit surtout d'obtenir des
informations sur l'évolution de l'état des couronnes au niveau européen
et sur les causes de détérioration possibles (pollution atmosphérique
notamment). La surveillance extensive au niveau I couvre actuellement
5700 placettes réparties sur un réseau d'échantillonnage de 16 x 16
km, ce qui représente près de 129 000 arbres. L'ensemble des Etats
membres de l'Union européenne, ainsi que 15 pays tiers, participent
à ces évaluations.
-
La
surveillance intensive évalue en détail, outre l'état des
couronnes, l'état du sol et l'état nutritionnel, l'accroissement, la
végétation, les dépôts et les conditions météorologiques. Ce
stade de surveillance intensive, désigné sous le nom de «niveau II»,
existe depuis 1994 (règlement (CE) n° 1091/94). Le principal
objectif du niveau II est d'obtenir des informations sur l'évolution
des forêts et la corrélation entre l'emplacement et les facteurs de
stress d'une part, ainsi que sur l'état des forêts aux niveaux
national et européen d'autre part. Le nombre de placettes
d'observation soumises en permanence à la de surveillance de niveau
II est de 864 actuellement.
4.
CONCLUSIONS
Au cours de ses 14 années d'existence, la surveillance collective de
l'état des forêts par la CEE/NU et l'UE s'est développée au point de
devenir l'un des plus vastes systèmes de biosurveillance du monde. Elle
constitue une source unique de données de référence écologiques,
utilisables dans des domaines concernant aussi bien la science et la
sylviculture que l'environnement, les changements climatiques, la
biodiversité et une gestion écologiquement viable des forêts.
Depuis la création du programme, les émissions de soufre ont
considérablement
diminué au niveau européen et un grand nombre de mesures ont été
prises afin d'obtenir avec d'autres polluants les résultats comparables
requis. La proposition de position commune concernant une directive fixant
des plafonds d'émission nationaux pour certains polluants atmosphériques,
de juin 2000, ainsi que le Protocole sur l'acidification, l'eutrophisation
et l'ozone troposphérique, signé par 27 pays dans le cadre de la
convention NU/CEE en décembre 1999, constituent deux des récentes
mesures adoptées au niveau européen. Ce programme permettra à l'avenir
de vérifier les effets de ces mesures sur les écosystèmes forestiers .
Il importe de réduire encore les niveaux d'émissions, afin de
sauvegarder les multiples fonctions des forêts européennes et assurer à
ces dernières une gestion écologiquement viable.
Le rapport sera bientôt disponible sur l'internet à
l'adresse:
http://europa.eu.int/comm/dg06/fore/index_fr.htm
De plus amples informations peuvent être obtenues auprès des
organismes suivants:
Commission européenne Institut national de la recherche
forestière DG Agriculture F.I.3 Institut de
la forêt Rue de la Loi 130 Leuschnerstrasse
91 B-1040 BRUXELLES D-21031HAMBURG Belgique
Allemagne
FAX: 00 32 2 296 62 55 FAX: 00 49 40 739 62/480
Tableau : Répartition
(en %) selon le taux de défoliation des conifères, feuillus et autres
essences en 1999
| |
Groupes
d'essences |
Léger
(0-10%) |
Stade
d'avertissement
>
10-25% |
Arbres endommagés
(Modéré)
>
25-60% |
Arbres fortement endommagés
(Elevé)
> 60% |
Arbres morts |
|
Union européenne |
Feuillus
Conifères
Toutes essences |
34,8
49,0
43,3 |
43,1
36,3
39,1 |
19,6
13,1
15,7 |
1,8
1,2
1,4 |
0,7
0,4
0,5 |
|
Europe |
Feuillus
Conifères
Toutes essences |
34,0
37,9
36,3 |
42,9
39,9
41,1 |
20,4
20,1
20,2 |
1,9
1,5
1,7 |
0,8
0,6
0,7 |
© Communautés européennes, 1995-2000
version
.pdf
Consulter les autres rapports:
2000 - 1999 - 1998
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