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LES TRESORS DU BOIS

 

Les forêts ne sont pas seulement les poumons de l'Europe et des lieux de promenades bucoliques. Depuis des millénaires, elles nous fournissent une matière première que rien ne peut vraiment remplacer: le bois. Plusieurs secteurs industriels en vivent. Mais désormais, ils doivent se préparer à affronter de nouveaux défis: ceux d'un développement à la fois durable et compétitif.

L'industrie du bois et de ses dérivés en Europe représente une activité économique d'importance considérable, qui emploie plus de 2,3 millions de personnes si l'on compte aussi la production du papier et du carton ainsi que l'imprimerie et l'édition. Mais on atteint même 3,6 millions de personnes si l'on y ajoute les secteurs liés au bois comme la fabrication des meubles et de certains produits chimiques et équipements spéciaux.

Reboisement
La caractéristique commune de ces activités liées au bois, c'est qu'elles utilisent une matière première renouvelable, du moins en principe et pour autant que le patrimoine forestier soit géré correctement. En effet, une exploitation "écologique" des forêts doit normalement favoriser le reboisement. Autre avantage, indirect mais essentiel: les arbres et leurs produits contribuent également à la lutte contre l'effet de serre, ce phénomène de réchauffement dangereux du climat provoqué par la présence de certains gaz, comme le gaz carbonique dans la haute atmosphère. En effet, chaque mètre cube de bois - sous forme d'arbre vivant ou de produit fabriqué - peut stocker une tonne de CO2.

Mais à l'inverse, l'exploitation inconsidérée des arbres peut endommager l'environnement: trop clairsemées ou malades, nos forêts ne pourraient plus lutter contre les effets des rejets polluants de certaines industries. Et à force de s'étioler, elles finiraient par mourir. Pareil désastre écologique est à éviter à tout prix: actuellement, environ 36% du territoire de l'Union est couvert de forêts, et un peu plus des deux tiers sont considérés comme exploitables. Ces proportions ne pourraient se réduire sans entraîner des conséquences dramatiques.

Vert et compétitif
Pour toutes ces raisons, à la fois écologiques et économiques, la Commission considère désormais que la filière bois et ses industries dérivées concourent déjà et concourront encore demain à la réalisation des objectifs du développement durable dans l'Union européenne. Ceci suppose évidemment, et en premier lieu, une gestion durable des forêts. Mais il importe aussi d'améliorer la valorisation à tous les stades de la production et de la consommation. Notamment par la récupération de la chaleur issue de l'écorçage et par toutes les autres activités de valorisation et de recyclage liées aux processus de fabrication employés.

CHAQUE METRE CUBE DE BOIS 
PEUT STOCKER UNE TONNE DE CO2

L'enjeu est donc de taille, et même fondamental pour l'avenir du continent. Il faut savoir cependant que le bois européen coûte beaucoup plus cher - autour de deux fois plus - que ses concurrents des Amériques et d'Asie du sud. Mais les industries européennes utilisent surtout le bois local du fait de sa proximité et de sa qualité, ainsi que pour des raisons écologiques. Il est important de remarquer à ce propos que le secteur a réalisé d'importants progrès pour se rendre plus compétitif, grâce à d'énormes investissements, mais aussi plus "vert".

Faire mieux encore
Il y a cependant moyen de faire mieux encore. Tout au long du processus de production et de transformation du bois, on peut en effet récupérer les déchets et les résidus pour produire de l'électricité: ces techniques pourraient être appliquées de façon plus systématique par tous les professionnels du secteur. 

De même, la récupération des vieux papiers et du bois usagé a aussi son importance. C'est ce que nombre d'Européens font déjà dans beaucoup de régions de l'Union, en mettant de côté les vieux journaux et autres papiers et en les jetant séparément, sans les mélanger avec les ordures ménagères. Ainsi, l'an dernier, on a recyclé dans l'Union environ 35 millions de tonnes de vieux papiers et de carton grâce à la récupération. Un résultat remarquable lorsqu'on sait que dans l'ensemble de l'Union la collecte du papier est deux fois plus développée qu'aux Etats-Unis.

Mais on pourrait progresser encore, explique le rapport de la Commission, par exemple en produisant davantage d'énergie renouvelable par l'incinération des déchets des industries du bois. On peut également améliorer la prévention de la pollution dans ces industries et introduire des procédés de production "propres" tout au long de la chaîne qui va de l'arbre au produit fini - tout cela sans aggraver l'effet de serre. 

Il reste que la filière "bois" devra encore affronter de nouveaux défis, et notamment ceux de l'élargissement et de la mondialisation. Pour la Commission, il s'agira dès lors de créer des conditions de concurrence équitables au sein de l'Union et sur le plan international, de manière à éviter toute concurrence déloyale. Dans cette perspective, la Commission envisage la création d'un forum réunissant toutes les parties prenantes de la filière bois et de ses industries dérivées. A l'ordre du jour: un large éventail d'actions pour les années 2000/2003. Pour que celles-ci réussissent, touchons du bois...

EURINFO © Communautés européennes, 1995-2000

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