2. Bois-énergie, environnement et développement local
(suite)
Une énergie renouvelable
locale
A la différence des énergies fossiles (charbon, fioul et gaz) et fissiles (nucléaire), l'énergie contenue
dans le bois est renouvelable : elle existera tant qu'il y aura des hommes pour exploiter les forêts et les
haies. Celles-ci ne peuvent jouer leur rôle économique, écologique et paysager que si elles
sont entretenues, ce qui suppose de couper périodiquement du bois.
Une partie de ce bois n'a qu'un débouché
possible : l'énergie. Privilégier les énergies fossiles Importées et gaspiller cette ressource locale, c'est
méconnaître que celle-ci peut contribuer à la création d'emplois locaux.
C'est aussi accepter que l'argent du contribuable
soit affecté principalement et passivement au coût social du chômage.
Les
professionnels de l'agriculture, de la forêt et du bois s'intéressent au bois-énergie
L'industrie du bois (bois d'oeuvre et trituration),
avec un chiffre d'affaires de 205 milliards de francs et 262 000 emplois, est une composante importante
de l'économie française.
A ses côtés, le bois-énergie est un axe méconnu qui
échappe régulièrement aux statistiques officielles. Son développement répond pourtant à trois
préoccupations des professionnels :
trouver un débouché aux résidus mal valorisés
des scieries et menuiseries;
récupérer les rémanents forestiers, bocagers et
bords de route actuellement abandonnés ou brûlés;
éviter d'encombrer les décharges et les usines
d'incinération avec des bois de rebut et de déchetterie.
Existe-t-il
d'autres modes d'élimination des déchets ligneux ?
Les usines d'incinération peuvent également brûler
des déchets ligneux. Toutefois, cette pratique présente plusieurs inconvénients:
les déchets
ligneux sont généralement non souillés et leurs fournisseurs en attendent une rémunération,
au même titre que les combustibles commerciaux conventionnels;
à
l'inverse, les ordures ménagères et déchets assimilés détruits dans les usines d'incinération sont
soumis à un droit de dépôt, qui rémunère une activité mettant en jeu des technologies
complexes et coûteuses, adaptées à des déchets hétérogènes et humides (dont on cherche d'ailleurs à
réduire les volumes par le recyclage des verres, plastiques, métaux et papiers);
les cendres de bois peuvent être valorisées en
agriculture, alors qu'une partie des mâchefers et cendres volantes issus des usines d'incinération
doivent être déposés en décharge.
Il
paraît donc préférable de brûler le bois dans des chaufferies adaptées, plutôt que dans des usines
d'incinération.
Schéma de principe d'une chaufferie
au bois