1. Présentation: Le bois-énergie
Tout le monde connaît le bois en bûches, énergie
traditionnelle en milieu rural, adoptée depuis une quinzaine d'années comme complément du
chauffage électrique dans les agglomérations urbaines. Ce "bois de feu" constitue en France
l'essentiel du bois-énergie, Au-delà de cet usage domestique qui nécessite une manutention
quotidienne, le bois-énergie se présente sous des formes très diverses qui ont en commun leur
difficulté à trouver des débouchés; résidus bocagers et forestiers, sciures, écorces, bois "en fin de vie"
(palettes et cagettes usagées, vieux meubles...).
Ces déchets ligneux peuvent être brûlés dans des
chaufferies à alimentation automatique. Plusieurs pays d'Europe (Autriche, Danemark,
Suède, Finlande, Suisse...) ont déjà créé de nombreuses chaufferies bois qui desservent des bâtiments collectifs ou des
réseaux de chaleur urbains.
2. Bois-énergie, environnement et développement local
On peut distinguer globalement trois avantages à l'utilisation du bois-énergie :
La combustion du bois dans des chaufferies bien
conduites est saine et écologique.
L'approvisionnement et l'entretien des
chaufferies bois mobilisent davantage de main d'oeuvre que les autres énergies et sont donc
créateurs d'emplois.
Contrairement aux énergies fossiles et fissiles, le
bois-énergie est une ressource renouvelable, qui permet de valoriser des sous-produits ou déchets
locaux.
Combustion du bois et pollution
Contrairement aux combustibles fossiles, le bois ne
contient pas de soufre. Lorsqu'il est brûlé dans des appareils à faible rendement ou à l'air libre, il génère
toutefois une quantité importante de rejets polluants. Cet inconvénient est pratiquement
supprimé lorsque la combustion s'effectue conformément aux normes en vigueur dans des
chaudières automatiques de forte puissance : les rejets sont alors divisés par 40 (monoxyde de
carbone) et par 5 (poussières). En outre, la croissance des arbres étant liée à la fonction chlorophyllienne,
bien gérer les forêts contribue à recycler le gaz carbonique, y compris celui émis par la combustion
du bois, ce qui concourt à limiter l'émission de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Enfin, contrairement aux matières fissiles, le bois ne fait pas courir de risques aux générations futures.
Le bois-énergie et l'Emploi
Le bois nécessite bois fois plus de main-d'oeuvre que les
énergies concurrentes. Une chaufferie qui alimente 1 000 logements en utilisant 5 000 tonnes de bois, associé
à une seconde énergie, permet de créer (ou maintenir) quatre emplois durables à temps plein dans des
entreprises régionales (hormis la fabrication des matériels), pour :
la collecte et le tri des bois de rebut
et des déchets de bois;
l'exploitation et le transport des rémanents
forestiers, bocagers et routiers;
le conditionnement du bois (broyage),
le transport, le stockage et la gestion de l'approvisionnement des chaufferies;
l'exploitation des chaufferies.
Valoriser des déchets ligneux
Une fraction importante des déchets ligneux est éliminée dans des conditions peu satisfaisantes (abandon en forêt,
brûlage à l'air libre...) ou est mise en décharge. Ces pratiques, illégales ou tolérées, aboutissent non seulement à
un gaspillage d'une matière première renouvelable mais également à des pollutions (poussières, monoxyde de
carbone et autres gaz imbrûlés...) et à un encombrement des sites d'enfouissement. La situation risque de s'aggraver
prochainement pour deux raisons :
la disparition d'une partie du débouché en papeterie, du
fait de l'augmentation du recyclage des vieux papiers;
les réglementations européennes et nationales, qui vont
interdire la mise en décharge des déchets ligneux.