|
Le
26 décembre 1999 s'abattait sur la forêt française et ses proches
voisines l'une des plus terribles tempêtes que les forestiers aient
jamais relevées. Routes, habitations, lignes détruites, arbres déracinés,
rompus, activités sylvicoles réduites à néant, la quasi-totalité de
notre pays fût secoué par ce sinistre. Après l'Arrêté
du 29 décembre 1999 portant constatation de l'état de catastrophe
naturelle, le Plan national pour la forêt française,
l'Accord
Interprofessionnel pour la maîtrise des cours du bois et les
nombreuses initiatives publiques, privées et associatives locales, une
fantastique énergie a été mobilisée pour aider au déblayage, à
l'abattage, au nettoyage, à la
sécurisation et au réaménagement des forêts touchées. Pourtant, plus de huit mois après,
de nombreuses parcelles restent en l'état et l'actualité nous fait part encore chaque jour de l'étendue réelle des dégâts
: plus de 138 millions de m3 de chablis (*)
selon les dernières
estimations (**), dont plus de 65% dans les forêts
privées. Dans le seul département des Vosges, l'un des département
français les plus touchés, le volume des chablis s'élève à plus de 8
millions et demi de m3 dans les forêts domaniales et de collectivités.
Et le bilan représenterait dans certains départements plus de 5 fois les
possibilités commercialisables. Au delà
des chiffres, ce sont toute une activité professionnelle et une part de
notre culture qui furent touchées. Et sans le fantastique élan de
solidarité national et le soutien des pays frontaliers (Allemagne,
Italie, Suisse...), l'immense désastre aurait eu, sans nul doute, plus de
conséquences encore. On sait aujourd'hui que plusieurs décennies seront
nécessaires pour revoir dans certaines forêts les paysages qui nous
étaient familiers. Mais pour cet homme qui, à plus de soixante ans, a vu
cet hiver plus de trente années d'activités sylvicoles réduites en
chablis, quelles paysages resteront gravés ?
"Les
arbres, une richesse fragile", ce titre d'un article de la Direction générale de la recherche
européenne résume sans doute au mieux la pensée que peuvent éprouver
de nombreux amoureux des forêts. Simple caprice de la nature? Mauvaise
gestion sylvicole? A l'heure des bilans, des critiques et des analyses,
sylviculteurs et chercheurs recherchent ensemble les pistes pour limiter les
risques qu'un tel désastre ne se reproduise.
Le
Net, comme les autres médias, s'est fait l'écho des initiatives et
des actions. Retrouvez ci-après les principales ressources documentaires
disponibles sur le web.
(*):
arbre renversé, déraciné ou rompu
par le vent, ou brisé sous le poids de la neige ou du givre.
(**):
Estimation provisoire du 27 février
2000 des chablis (en m3) en forêts publiques et privées (Ministère
de l'Agriculture et de la pêche, O.N.F.)
| Retour|

|