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Micro-usinage
du bois par impulsions laser ultra-courtes
Le bois comme matériau
Le bois est un matériau
biologique issu de la sylviculture. Il existe une classification botanique
de ce matériau tout aussi développée que celle des fleurs par exemple.
La provenance géographique et la nature du sol influent fortement sur la nature du bois d’une même essence (présence de nœuds, espacement des
cernes…). Des classements normalisés en fonction de l’aspect ou de la
structure sont en vigueur. L’une des caractéristiques les plus
évidentes du bois considéré comme matériau est son hétérogénéité.
Ce facteur doit donc forcément être pris en compte lors d’étude de
comportement du matériau. Ainsi dans les essais qui seront présentés
plus loin, on utilisera plusieurs catégories extrêmes : du hêtre et de
l’érable (relativement homogène) à la loupe de Vavona (très
hétérogène).
De plus, le bois est
matière première pour une vaste gamme de produits : l’industrie de
trituration, d’ameublement, de construction, etc… Il est utilisé soit
à l’état massif ou sous forme de produits dérivés : le
contre-plaqué, le panneau de particules, le lamellé collé... L’utilisation
de ces produits dérivés apporte de nouvelles caractéristiques au
matériau mais permet également de rationnaliser les procédés de
fabrication et donc de diminuer les coûts de production.
La base majoritaire du bois
comme matériau est la cellulose qui est une substance
hygroscopique : suivant l’humidité ambiante, le bois montre
des différences de structures importantes (dimensionnelles et
mécaniques). Cela entraine des défauts classiques. Par exemple, le
coefficient de rétractabilité volumique peut varier en fonction des
essences de 0,15 % à 1 % pour une variation d’humidité de 1 %. La
prise en compte des effets hygroscopiques dans les essais présentés plus
loin n’a pas été envisagée, à cause des contraintes expérimentales
qu’elle imposerait mais également à cause de la dispersion des
résultats due à l’hétérogénéité.
Un autre aspect de cette
hétérogénéité du matériau est l’anisotropie. Ses propriétés sont
donc différentes suivant l’orientation de l’observation puisque le
bois est un matériau intrinséquement fibreux. L’orientation des fibres
du bois est donc également un paramètre essentiel. La taille d’une
fibre varie de 1 à 5 mm de longueur pour un diamètre de l’ordre de 50
µm pouvant varier de plusieurs dizaines de µm. Typiquement le diamètre
d’une fibre correspond donc à la taille d’un faisceau laser
focalisé.
Par ailleurs, le bois est
connu pour être un très bon isolant thermique, pratiquement dix fois
plus que le béton. Cette propriété est un facteur limitant si l’on
considère l’interaction laser-matière. En effet la densité de
puissance crête apportée par un faisceau laser peut être considérable
(de l’ordre de 1013 W/cm2 pour un faisceau
focalisé). Cette puissance est bien sûr utilisée pour pulvériser la
matière (phénomène d’ablation laser) mais pendant la durée de ce phénomène d’ablation, un processus de diffusion thermique évacue une
partie de l’énergie dans le matériau. Comme la conductivité thermique
du bois est faible, cette énergie s’accumule dans un faible volume ce
qui conduit à la carbonisation de la zone affectée thermiquement.
Une des caractéristiques
importantes d’un faisceau laser est sa nature continue ou impulsionnelle.
Les sources continues peuvent atteindre une puissance moyenne de plusieurs
kW, voire dizaine de kW. En milieu industriel, les sources laser continues
les plus répandues sont les lasers CO2. Il existe aussi des
sources impulsionnelles. La puissance moyenne de telle sources est alors
plus faible, mais la puissance crête (puissance disponible pendant la
durée d’impulsion) est alors beaucoup plus forte. Pour des durées d’impulsions
variant de la milliseconde (10-3 s), à la microseconde (10-6
s), jusqu’à la nanoseconde (10-9 s), le phénomène de
brûlure évoqué ci-dessus semble toujours être observé sur le bois,
même si des optimisations de procédés sont possibles. |